Au fil des rencontres, quelques textes sur des artistes contemporains.

Nous allons tous à l’aveuglette, à tâtons dans le gris de la vie. Ceci sans trop nous cogner pourtant, confiants que nous sommes dans les douces limites du monde. On sait bien que la plupart des gens ne voient pas grand-chose, et traversent la vie ainsi : les yeux dans le vague. Moi-même, vous pouvez me suivre dans la rue, vous pouvez repeindre en rouge la façade de ma boulangerie : je ne remarquerai rien. Ainsi, chacun a son propre degré de présence au monde : certains sont là, intensément et de toutes leurs forces ; d’autres, à peine présents, pianotent du bout des doigts sur la peau des choses.
Extrait de Mal vu, texte sur le travail de Florence Louise Petetin